PIRON Denise née LEVY

née le 3 octobre 1916 à Paris [16ème] (616W108)
nationalité française (616W108)
professeur agrégée d’allemand (616W108)
habitant Chemiré le Gaudin (616W108)
recensement des israélites n° 70 du 18 octobre 1940 (616W108)
partie 18 rue Fabrèga le Mourillon Toulon 10e [Var] [18 avril 1941] (616W109)
non recensée au mémorial
« Ma mère, professeur agrégée d’allemand était de Paris. Son mari, Robert PIRON, ingénieur du Génie Maritime était du Mans. C’était le fils d’Auguste PIRON, décédé tragiquement en décembre 1936. En son souvenir la ville du Mans a donné son nom à une rue et à une école.
Au printemps 1940 ma mère a rejoint son mari, affecté à l’arsenal d’Indret. A l’arrivée des allemands mon père a été embarqué pour Toulon. Enceinte elle est restée à Nantes, jusqu’au moment de ma naissance en août 1940. C’est de là qu’elle a été à Chemiré-le-Gaudin, à La Sauvagère, une propriété appartenant à Lucien TROUVÉ, un oncle de mon père. Comme indiqué dans le dossier de ma mère, après Chemiré, elle a été à Toulon rejoindre mon père. C’était en novembre 1940. Ils y sont restés environ un an. Ensuite ils ont été près de Lyon pendant à peu près un an. Ma mère a eu un deuxième enfant. En novembre 1942, quand la zone Sud a été occupée, ils ont partis à Grenoble en zone italienne. Puis quand les allemands ont remplacé les italiens, ma mère avec ses deux jeunes enfants s’est d’abord éloignée un peu de Grenoble, et ensuite a été dans de la famille près de Limoges, puis chez des amis près de Roanne. Après la libération de Grenoble en août 1944, elle est retournée à Grenoble où elle a retrouvé un poste de professeur d’allemand. En septembre 1945 la famille est rentrée à Paris. Il me semble que c’est un parcours typique pour une famille juive française qui a pu survivre grâce à l’aide de nombreux amis et parents, en vivant avec de faux papiers et en prenant beaucoup de précautions.
Les liens avec Chemiré-le Gaudin sont restés très forts après la guerre. Nous passions à La Sauvagère, et aussi au château de Belle-fille, une autre propriété de Lucien TROUVÉ, une bonne partie des vacances d’été et les vacances de Pâques. J’ y ai mes meilleurs souvenirs de vacances. Ces deux propriétés sont toujours dans la famille de Lucien TROUVÉ. Deux petits-fils sont devenus propriétaires et en prennent grand soin. Habitant près de Nice je n’ai malheureusement pas eu l’occasion d’y retourner.
Vous donnez dans le dossier sur ma mère l’arrêté d’interdiction d’enseignement d’octobre 1940. J’aurais aimé trouver un arrêté de l’automne 1944 la nommant professeur à Grenoble.
Pour terminer, j’ajouterai que ma mère est toujours en vie. Elle a cent ans mais la tête encore assez claire. Enfants et petits-enfants nous essayons de reconstituer le parcours assez compliqué des années de guerre. Ses souvenirs à elle et un site comme le votre sont une grande aide. » (sa fille Hélène Frisch, née Piron)

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